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Intervention du coordinateur des projets de l’association BADES dans la rencontre de Amman

 

Intervention Dans le cadre de la conférence «Moyen-Orient et Afrique du Nord: établissement de partenariats pour le développement social et économique» les 13-14 Novembre 2012 à Amman (Jordanie).Cette conférence est organisée pour pour élaborer un nouveau paradigme de développement socio-économique de la région, en se concentrant sur ​​les droits socio-économiques, le droit à la protection sociale

Cette rencontre a réuni différents acteurs de la région MENA et de l’Union Européen

L’intervention sera axée sur deux volets: Les défis en commun de la région MENA E et le travail en commun entre la zone MENA et L’Union Européen

I.    Reconnaître les défis communs et urgents de la zone MENA

 Beaucoup de pays d’Afrique du nord et des pays du moyen orient ont souffert et souffrent des mêmes maux avant et après  le printemps des changements des pouvoirs: le manque et la peur, le manque de la liberté et de l’emploi et la peur de l’avenir, de la répression…

En effet, si ces pays ont partagé et partagent les mêmes problèmes, dans la réalité, les choses sont plus complexes et diverses,

Si  on observe les événements qui se déroulent dans ces pays, personne ne parle du sort de la zone MENA. Or les défis auxquels doivent faire face ces pays sont non seulement nombreux mais ils sont communs aux pays de la zone.

Ces pays de la zone n’ont pas de positionnement commun face à l’Europe et chacun essaie de se démarquer. Or l’absence d’une vision unie de part et d’autre est l’un des handicaps majeurs à la mise en place d’une réelle coopération.

Aussi, il parait que le résultat des urnes de certains pays de la zone ne convient pas à l’Europe qui doit encore définir sa position face à l’Islam politique de plus en plus présent dans la vie politique de la zone.

° Le premier défi est celui de l’emploi : La première des injustices est celle du chômage et précisément la question du chômage des jeunes a été un facteur important dans le déclenchement des soulèvements populaires, c’est parce que les peuples se sont rendus compte que le chômage n’était pas une sorte de « fatalité », mais qu’il est le produit d’un système politique injuste, répressif et d’un dysfonctionnement économique.

On considère que plus de 1,5 millions d’emplois doivent être créés chaque année pour les 10 prochaines années dans les pays du sud et de l’est de la méditerranée, afin de répondre aux besoins de travail de la jeunesse de la région.Tous ces pays n’arrivent à créer qu’un quart pour absorber les jeunes qui  entrent sur le marché du travail :

Pour stabiliser le chômage des jeunes, il faudrait une croissance de 7 % en moyenne par an, et, pour le réduire, une croissance de 10 %. C’est un défi colossal qui n’est à la portée que de quelques émirats pétroliers.

Avec le modèle économique actuel, il est impossible de résoudre ce problème d’emploi. C’est à la société civile de participer à la recherche des alternatives car les gouvernements actuels réitèrent les mêmes modalités que par le passé.

° Deuxième défi : La sécurité alimentaire et la répartition de l’eau, l’insécurité alimentaire est un problème majeur dans la zone et l’un des premiers facteurs de migration et risque de s’accentuer (c’est déjà le cas en Syrie). Il va donc falloir travailler sur les ressources des milieux pauvres et ruraux et à faire en sorte que la réforme de la politique agricole, l’économie solidaire et les systèmes de protection sociale comprennent une stratégie de nature à maximiser leur incidence positive sur la sécurité alimentaire et la nutrition.

Pour le défi de la nature et de la répartition de l’eau,  L’eau est un élément essentiel à la croissance économique, à la santé humaine, à l’environnement. La gestion rationnelle des ressources en eau représente aujourd’hui un défi majeur pour les gouvernements du monde entier. Les tendances et les perspectives de l’agriculture et de la qualité de l’eau dans les pays de la zone doivent être inscrits dans les programmes des pays.

IL s’agit à cette fin:

* de promouvoir des programmes de développement intégré qui améliorent la productivité agricole et les moyens d’existence des pauvres, notamment en leur donnant la possibilité de s’assurer contre les intempéries et d’assurer leur bétail et leurs récoltes, en leur permettant de constituer des organisations paysannes et des coopératives pour un meilleur accès au marché, en créant des emplois décents et en menant des travaux qui génèrent des activités agricoles, et en agissant par le biais de mesures en faveur des moyens d’existence agricoles et de services de vulgarisation et de nouer des liens solides avec d’autres secteurs comme l’éducation, la santé, l’emploi décent dans les zones rurales, et en améliorant l’accès des individus, notamment les femmes, aux marchés, et aux services qui sont nécessaires pour assurer une protection sociale efficace.

 ° Mais le plus important défi commun est sans doute celui qui concerne la question migratoire et sa gestion commune.

Les soulèvements et surtout les processus électoraux ont mis au coeur du débat la question des valeurs communes, des libertés individuelles et collectives et des droits humains fondamentaux, et tout particulièrement la question des droits des migrants, en tant que valeur et droit humain universel.

Du côté européen, un défi décisif serait le changement de position des pays de l’UE vis-à-vis des pays qui ont entrepris un nouveau chemin au nom de la dignité et en ont payé le prix. Ces pays, ces populations et surtout ces jeunes exigent désormais que le regard porté par l’Europe sorte du sentiment de supériorité, condition indispensable pour répondre ensemble aux challenges communs.

Ce qui caractérise les politiques migratoires européennes est la focalisation sur l’approche sécuritaire, alors que la migration est un phénomène complexe. Ces politiques ont comme conséquence bien souvent le non respect des droits des personnes migrantes mais aussi de favoriser la hausse de la clandestinité et des situations irrégulières et, en définitive, la criminalisation de la migration.

Dans le contexte de l’après printemps des changements, faciliter la circulation réduirait les effets pervers du tout sécuritaire et diminuerait le nombre de morts en mer.

Il faudrait d’ores et déjà commencer à penser la Méditerranée comme un système d’interdépendances et de complémentarités et à envisager la création d’un espace de libre circulation euro méditerranéen.

Trois axes d’intervention pour contrecarrer ces défis socio-économiques

** La solidarité entre les régions de la zone MENA doit être la base de toute coopération future, mais elle ne doit pas être simplement un projet imposé par l’élite. Au contraire, elle doit se construire sur une participation venant du bas.

** La promotion des valeurs de justice sociale, de  solidarité et la mise en place de politiques d’emploi, constituent les principales éléments constituants à adopter sur la politique socio économique, le travail et les droits de l’homme

**Le Plaidoyer pour un ‘’développement inclusif” qui établit un meilleur équilibre entre efficacité économique, travail décent et protection sociale doit être exigé pour assurer les droits fondamentaux des populations, l’objectif est d’avoir un travail décent qui préserve la dignité, où le citoyen exerce pleinement sa citoyenneté, sans quoi, la démocratie ne serait qu’une pratique creuse, qui ne peut nourrir un affamé, ni vêtir un dénudé,

II.Pour le travail en commun :

L’Union européenne semble avoir compris l’importance de la société civile dans les processus de démocratisation en cours par consacrer une stratégie nouvelle à l’égard d’un voisinage en mutation

Pourtant des questions portant sur le rôle de la société civile dans le contexte régional actuel doivent emprunter quelques pistes :

* Un travail important de réflexion et de concertation doit être réalisé au sein de la société civile européenne et de la zone MENA sur divers questions et surtout sur les thèmes de la  de la gouvernance locale et la lutte contre la corruption et une réflexion sur l’ importance et les potentialités de la Méditerranée pour l’avenir de l’Europe et des pays MENA, afin de faire connaître ses enjeux et valoriser ses réalités.

La mobilisation de la société civile doit être permanente et pas occasionnelle.

*  Soutenir les dynamiques sociales  par l’élaboration d’une politique plus ouverte et plus de dynamique de soutien aux mouvements sociaux et à ceux favorisant la participation citoyenne, tels que les syndicats, ONG, réseaux sociaux, et les défenseurs des droits de l’homme;

En conclusion, pour aboutir à concevoir un programme du travail commun entre les représentants de la zone MENA et l’Europe, il faut que :

1. La société civile, les ONG, les syndicats et d’autres acteurs concernés doivent continuer à jouer un rôle important pour tisser des relations de confiance et de parfaite entente, sans attendre que la situation générale soit stabilisée.

2. Evaluer les priorités envisageables et renforcer le dialogue  civil

Ceci ne suffit à garantir la réussite de cette initiative que si nous partageons les mêmes convictions, les mêmes valeurs et les perspectives communes pour un projet ambitieux, un projet entre la région MENA et l’Europe qui contribuera à :

 *La démocratisation des pays de transition démocratique

* Au dialogue participatif entre les acteurs présents et ceux qui partagent les mêmes valeurs

* Au développement inclusif et la solidarité